Lois Jim Crow Information

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Un Afro-Américain boit à un distributeur d'eau réservé aux « gens de couleur » à un terminal de tramway en 1939 Oklahoma City

Les lois Jim Crow (Jim Crow Laws en anglais) sont une série d’arrêtés et de règlements promulgués généralement dans les États du Sud des États-Unis ou dans certaines de leurs municipalités, entre 1876 et 1965. Ces lois, qui constituaient l'un des éléments majeurs de la ségrégation raciale aux États-Unis, distinguaient les citoyens selon leur appartenance raciale et, tout en admettant leur égalité de droit, elles imposèrent une ségrégation de droit dans tous les lieux et services publics [note 1].

Les plus importantes introduisaient la ségrégation dans les écoles et dans la plupart des services publics, y compris les trains et les bus.

La ségrégation scolaire a été déclarée inconstitutionnelle par la Cour suprême des États-Unis en 1954 (arrêt Brown v. Board of Education). Les autres Lois Jim Crow ont été abolies par le Civil Rights Act de 1964.

Origine de l'expression

« Jim Crow », une invention de Thomas Rice.

Le nom « Jim Crow » vient de la chanson Jump Jim Crow. Cette chanson est une critique des politiques populistes d'Andrew Jackson, composée et interprétée en 1832 par Thomas D. Rice [1] , [2] , [3], qui chante et danse en blackface, c'est-à-dire avec le visage et les mains peints en noir. La chanson et le spectacle qui l'inclut rencontrent un vif succès. Dès 1838, « Jim Crow » est une expression péjorative désignant les personnes noires vivant aux États-Unis [4].

L'expression Jim Crow laws (« lois Jim Crow ») est répertoriée pour la première fois en 1892 dans le titre d'un article du New York Times consacré à la ségrégation dans les trains en Louisiane [4], [5].

Historique

Origines des lois Jim Crow

Le 18 décembre 1865, le Treizième amendement de la Constitution des États-Unis est ratifié, abolissant l' esclavage dans l'ensemble du pays [6]. Commence alors la Reconstruction, qui dure de 1865 à 1877. Au cours de cette période, les lois fédérales protègent les Afro-Américains affranchis et les quelques Noirs déjà libres avant la guerre de Sécession. Dans les années 1870, le parti démocrate regagne du pouvoir dans les états du Sud [7], utilisant des milices comme la White League pour empêcher l'organisation républicaine et empêcher les Noirs de voter [8].

Le Civil Rights Act de 1875, créé par Charles Sumner et Benjamin Butler, garantit que toute personne, sans distinction d'ethnicité, de couleur de peau ou de passé d'esclave, doit avoir accès au même traitement dans les infrastructures publiques comme les hôtels, les moyens de transport, les théâtres et les autres lieux de divertissement [9]. En 1883, la Cour Suprême estime qu'aucune loi ne peut contrôler des personnes et entreprises privées [10]. L'Act n'a donc que très peu de conséquences [9].

Avec le compromis de 1877, le gouvernement retire les dernières troupes fédérales du Sud du pays. Les démocrates blancs dits «  Redeemers » ont, à ce stade, repris le pouvoir de tous les états du Sud du pays [11]. Ils mettent en place la ségrégation raciale sous forme des lois Jim Crow. Les personnes noires sont parfois élues à l'échelle locale dans les années 1880, mais leur vote est annulé pour les élections étatiques et nationales. Les démocrates font voter des nouveaux critères d'éligibilité au vote, qui empêche la participation de la majorité des personnes noires et de beaucoup de blancs pauvres [12], [13]. De 1890 à 1910, dix des onze anciens états confédérés empêchent le vote noir quasi-parfaitement en instaurant des critères de taxes, d'éducation et de comptabilité [12], [13].

Des affranchis votent à la Nouvelle-Orléans, 1867

En Louisiane en 1910, moins de 0,5  % des hommes noirs ont le droit de vote, soit seulement 730 hommes ; dix ans plus tôt, le nombre déjà réduit était de 5 320 votants noirs [14]. En Caroline du Nord, il ne reste aucun homme noir pouvant voter entre 1896 et 1904. La classe moyenne noire disparaît en une décennie d'interdiction de vote [14]. En Alabama, les législateurs promettent que les lois ne toucheront pas les Blancs pauvres : des dizaines de milliers d'entre eux perdent quand même leur droit de vote [15]. Sans droit de vote, les personnes noires ne peuvent pas être jurées ni se présenter aux élections locales. Elles disparaissent de la vie politique. Si les politiques de la Reconstruction ont permis de faire ouvrir des écoles publiques, les écoles noires sont beaucoup moins bien financées que les écoles blanches, elles-mêmes en difficulté en raison de l'effondrement du prix du coton [16]. Jusqu'à 1900, les quelques bibliothèques ouvertes aux personnes noires sont celles de leurs écoles [17]. Si au début du vingtième siècle, des premières bibliothèques ouvrent, elles n'ont que des livres d'occasion et restent rares [18], [19], [20].

Essor des lois Jim Crow et premières oppositions

Pendant l' ère progressiste, des années 1890 aux années 1920, la ségrégation entre dans les mœurs : même là où il n'y a pas de lois Jim Crow, il est rare de voir Noirs et Blancs se mélanger [21]. La raison la plus communément invoquée est qu'en raison du racisme blanc, il serait négatif pour les personnes noires de devoir être méprisées dans la société blanche et qu'il vaut donc mieux que les Noirs restent avec des personnes qui les voient comme égales [22].

Caricature de 1904 représentant un wagon pour blancs et un wagon "Jim Crow".

En 1890, la Louisiane fait passer une loi requérant des wagons différents pour les passagers blancs, noirs et « de couleur » (généralement métisses) sur les chemins de fer. La loi exprime déjà que les Noirs et Blancs ne peuvent pas prendre le train ensemble, mais le nouveau texte précise que les personnes de couleur ne peuvent pas non plus partager le wagon des Blancs. Le militant Homer Plessy  (en), dont un arrière-grand-parent est Noir et qui a la peau claire, prend le train des personnes blanches et refuse d'en descendre lorsqu'on lui demande son ascendance. Il est arrêté : un comité de militants de la Nouvelle-Orléans fait appel, mais perd contre la Cour Suprême dans le cas Plessy v. Ferguson en 1896, quand la Cour estime que le wagon « séparé mais égal » est constitutionnel [23]. En 1908, une proposition est faite d'appliquer le même système aux tramways de Washington D.C., mais elle est retoquée par le Congrès [24].

L' élection présidentielle de 1912 nuit fortement aux droits des Africains Américains. La plupart des Noirs vivent encore dans le sud du pays, où ils ont perdu le droit de vote [25]. Woodrow Wilson, élu président, est le premier président américain né dans le Sud du pays depuis la guerre de Sécession. Son cabinet est essentiellement constitué de sudistes. Certains d'entre eux font rapidement campagne pour des lieux de travail ségrégués, alors que Washington D.C. est intégrée depuis la guerre. En 1913, par exemple William Gibbs McAdoo, le Secrétaire du Trésor des États-Unis, s'oppose à voir des femmes noires et blanches travaillant ensemble au gouvernement [26]. L'administration Wilson installe la ségrégation dans les bureaux gouvernementaux, malgré l'opposition des progressistes blancs et des activistes noirs dans le Nord et le Midwest [27] ; le président lui-même affirme que la ségrégation raciale sert les intérêts des Blancs et des Noirs [28].

De 1910 à 1920, plusieurs villes du Texas interdisent l'installation de Noirs dans de nombreux quartiers. Des lois mènent à la ségrégation des fontaines à eau et des toilettes. Les « personnes de couleur » contre qui la ségrégation opère incluent par ailleurs les Amérindiens, surtout après leur transformation en citoyens via le Indian Citizenship Act de 1924 [18], [29]. Les écoles amérindiennes sont très mal financées, et certains enfants fréquentent des écoles noires [18].

Seconde Guerre mondiale

En 1944, William Francis Murphy parle de racisme pour la première fois de l'histoire de la Cour Suprême des États-Unis, dans le cadre du cas Korematsu v. United States. Il estime que le déménagement forcé des Américains d'origine japonaise est raciste [30].

Dans les années 1930 et 1940, de nombreux boycotts sont organisés par des activistes, en particulier par la National Association for the Advancement of Colored People, engagée dès le début du siècle. Les premières manifestations obtiennent des retours positifs [31]. Après la Seconde Guerre mondiale, l'opposition monte contre la ségrégation : les personnes noires estiment avoir gagné le droit à un traitement égal en raison de leur service militaire et de leurs sacrifices. En 1948, le président Harry S. Truman signe la dé-ségrégation de l'armée [32].

Déclin et abandon

Le jury du cas Brown v. Board of Education (1954)

En 1954, le cas Brown v. Board of Education voit l'annulation de la décision de Plessy v. Ferguson prise en 1896 par la Cour Suprême, sous l'égide du juge Earl Warren [33], [34], [35] et à l'unanimité des neuf juges [34].

En 1955, Rosa Parks refuse d'abandonner son siège de bus à un homme blanc dans la ville de Montgomery (Alabama). Ce n'est pas la première fois que ça arrive : neuf mois plus tôt, Claudette Colvin, une adolescente de quinze ans, en a fait de même [36]. L'acte de Parks est cependant celui choisi pour représenter le mouvement des droits civiques : le boycott des bus de Montgomery dure plus d'un an et se termine par la déségrégation des compagnies de bus privées de la ville [37].

President Johnson signs the Civil Rights Act of 1964

En janvier 1964, le président Lyndon B. Johnson rencontre des militants pour les droits civiques. Le 8 janvier, pendant son discours sur l'état de l'Union, Johnson rappelle l'importance des droits civiques et de sa rencontre passée. Le 21 juin 1964, les meurtres de la Freedom Summer attirent l'attention nationale et permettent au Congrès de faire ratifier le Civil Rights Act de 1964 [38]. Le 2 juillet 1964, l'acte est ratifié [38], [39]. Il interdit la discrimination dans les entreprises, y compris les écoles privées [38].

Exemples de lois Jim Crow dans différents États

Les exemples suivants de discrimination dans différents États [40] :

Alabama

  • Infirmières :
    « Aucune personne ou société n'exigera de n'importe quelle infirmière féminine blanche de travailler dans les salles d'hôpitaux, publics ou privés, dans lesquels des Noirs sont placés. »
  • Autobus :
    « Toutes les stations de cet État, quelle que soit la compagnie de transport, devront avoir des salles d'attente et des guichets séparés pour les blancs et pour les personnes de couleur. »
  • Transports ferroviaires :
    « Les conducteurs de train de voyageurs doivent assigner à chaque passager le wagon ou le compartiment qui lui est destiné selon sa couleur. »
  • Restaurants :
    « Tout restaurant ou tout autre endroit où est servi de la nourriture sera illégal s'il ne prévoit pas des salles distinctes pour les personnes blanches et de couleur, à moins que celles-ci ne soient efficacement séparées par une cloison pleine s'étendant du plancher vers le haut à une distance minimale de sept pieds et à moins qu'une entrée séparée soit prévue. »

Floride

  • Mariage
    « Tout mariage entre une personne blanche et une personne noire ou entre une personne blanche et une personne d'ascendance noire à la quatrième génération est interdit. »
  • Cohabitation
    « Tout Noir et toute femme blanche, ou tout homme blanc et toute femme noire qui ne sont pas mariés et qui vivent habituellement ensemble ou occupent la même chambre la même nuit sont punissables d'un emprisonnement ne pouvant dépasser 12 mois ou d'une amende maximale de 500 dollars. »
  • Éducation
    « Les écoles pour enfants blancs et pour enfants Noirs devront être séparées. »
  • Promotion de l'égalité
    « Toute personne qui sera reconnue coupable de l'impression, de l'édition ou de la circulation de tracts ou pétitions recommandant ou présentant au public des informations, des arguments ou des suggestions en faveur de l'égalité sociale ou en faveur du mariage entre Blancs et Noirs, sera coupable d'un délit et risquera jusqu'à cinq cents dollars d'amende ou six mois de prison. »
  • Entrées d'hôpital
    « Il sera maintenu par les autorités de chaque hôpital et par l'état, pour le traitement des blancs et des patients de couleur, des entrées séparées pour les blancs et pour les patients et les visiteurs de couleur, et de telles entrées seront employées seulement par la race par laquelle elles doivent être employées. »
  • Prison
    « Le surveillant veillera à ce que les condamnés blancs aient des lieux séparés pour dormir et pour manger de ceux des condamnés noirs. »

Notes et références

Notes

  1. Il ne faut pas confondre ces lois avec les codes noirs édictés par les États et les municipalités du Sud à partir de 1865 (fin de la guerre de Sécession) pour limiter les droits civiques acquis par les populations afro-américaines après l’ abolition de l’esclavage (1862 et 1863) par le XIIIe amendement de la Constitution des États-Unis.

Références

  1. (en) « Jim Crow law | History, Facts, & Examples », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 26 octobre 2019)
  2. (en-US) « Jim Crow Laws | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le 26 octobre 2019)
  3. (en-US) « Encyclopedia of Arkansas », sur Encyclopedia of Arkansas (consulté le 26 octobre 2019)
  4. a et b Woodward, C. Vann and McFeely, William S. (2001), The Strange Career of Jim Crow. p. 7
  5. « Louisiana's 'Jim Crow' Law Valid », The New York Times, New York,‎ ( ISSN  0362-4331, lire en ligne) :

    « New Orleans, Dec 20. – The Supreme Court yesterday declared constitutional the law passed two years ago and known as the 'Jim Crow' law, making it compulsory on railroads to provide separate cars for blacks. »

  6. Gerald D. Jaynes, Encyclopedia of African American Society, SAGE, , 864–  p. ( ISBN  978-0-7619-2764-8, lire en ligne)
  7. Melissa Milewski, Litigating Across the Color Line: Civil Cases Between Black and White Southerners from the End of Slavery to Civil Rights, Oxford University Press, , 47–  p. ( ISBN  978-0-19-024919-9, lire en ligne)
  8. Michael Perman, Pursuit of Unity: A Political History of the American South, Univ of North Carolina Press, , 138–  p. ( ISBN  978-0-8078-3324-7, lire en ligne)
  9. a et b New York Times, 30 March 1882: 'COLORED METHODISTS INDIGNANT OVER THE EXPULSION OF THEIR SENIOR BISHOP FROM A FLORIDA RAILWAY CAR. : ... Colored men of spirit and culture are resisting the conductors, who attempt to drive them into the "Jim Crow cars," and they sometimes succeed ... '
  10. « Constitutional Amendments and Major Civil Rights Acts of Congress Referenced in Black Americans in Congress », sur History, Art & Archives, US House of Repsentatives (consulté le 27 janvier 2018)
  11. Woodward, C. Vann, and McFeely, William S. The Strange Career of Jim Crow. 2001, p. 6.
  12. a et b Michael Perman.Struggle for Mastery: Disfranchisement in the South, 1888–1908. Chapel Hill: University of North Carolina Press, 2001, Introduction.
  13. a et b J. Morgan Kousser.The Shaping of Southern Politics: Suffrage Restriction and the Establishment of the One-Party South, New Haven: Yale University Press, 1974.
  14. a et b Richard H. Pildes, "Democracy, Anti-Democracy, and the Canon", 2000, pp. 12, 27. Retrieved March 10, 2008.
  15. Glenn Feldman, The Disfranchisement Myth: Poor Whites and Suffrage Restriction in Alabama, Athens: University of Georgia Press, 2004, pp. 135–136.
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  17. Fultz, M. (2006). "Black Public Libraries in the South in the Era of De Jure Segregation." Libraries & The Cultural Record, 41(3), 338.
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  20. Battles, D. M. (2009). The History of Public Library Access for African Americans in the South, or, Leaving Behind the Plow. Lanham, Md.: Scarecrow Press.
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  22. Murphy, Edgar Gardner. The Problems of the Present South. 1910, p. 37
  23. « Plessy v. Ferguson », sur Know Louisiana, Louisiana Endowment for the Humanities (consulté le 27 janvier 2018)
  24. Congress rejected by a majority of 140 to 59 a transport bill amendment proposed by James Thomas Heflin (Ala.) to introduce racially segregated streetcars to the capital's transport system. The New York Times, 23 February 1908: '"JIM CROW CARS" DENIED BY CONGRESS'
  25. John Dittmer, Black Georgia in the Progressive Era, 1900-1920, University of Illinois Press, , 108–  p. ( ISBN  978-0-252-00813-9, lire en ligne)
  26. King, Desmond. Separate and Unequal: Black Americans and the US Federal Government. 1995, p. 3.
  27. Carol Berkin, Christopher Miller, Robert Cherny et James Gormly, Making America: A History of the United States, Cengage Learning, , 578–  p. ( ISBN  0-495-90979-3, lire en ligne)
  28. Schulte Nordholt, J. W. and Rowen, Herbert H. Woodrow Wilson: A Life for World Peace. 1991, pp. 99–100.
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  30. « Full text of Korematsu v. United States opinion », Findlaw
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  40. (en) Site du National Park Service

Bibliographie

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  • Litwack, Leon F. Trouble in Mind: Black Southerners in the Age of Jim Crow, New York, Alfred A. Knopf, 1998,
  • Feldman, Glenn. Politics, Society, and the Klan in Alabama, 1915–1949, University of Alabama Press, 1999.
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  • Harvey Fireside, Separate and Unequal: Homer Plessy and the Supreme Court Decision That Legalized Racism, 2004. ( ISBN  0-7867-1293-7),
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  • Cole, Stephanie and Natalie J. Ring (eds.), The Folly of Jim Crow: Rethinking the Segregated South, College Station, TX: Texas A&M University Press, 2012.

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