Australiens Information

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Australiens
Description de cette image, également commentée ci-après
Une foule à Melbourne en 2005.

Populations significatives par région
Drapeau de l'Australie Australie 23 470 145 (2018) [1]
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 113 000 (2013)
Drapeau des États-Unis États-Unis 94 613 (2013) [2]
Drapeau de Hong Kong Hong Kong 90 000 (2013) [3]
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande Entre 65 000 et 70 000 (2012) [4]
Autres
Régions d’origine Drapeau de l'Australie Australie
Langues Anglais et langues diverses
Religions Catholicisme, Anglicanisme et croyances diverses
Ethnies liées Européens, Aborigènes australiens, Asiatiques

Les Australiens sont les habitants de l' Australie. Au début du XXIe siècle, environ 85 % de la population australienne est d'ascendance européenne [N 1], les minorités ethniques non européennes significatives sont les Asiatiques qui représentent à peu près 9 % de la population et les Australiens indigènes qui composent presque 3 % de celle-ci.

Ethnonymie

Existant depuis au minimum 1693 [5], cet ethnonyme se compose du nom géographique Australie et du suffixe -ien [6].

En anglais : Australians.

Groupes ethniques

Ascendances les plus déclarées lors du recensement de 2016 [7]
Groupe % de population
Anglais 36,1
Australiens [N 2] 33,5
Irlandais 11,0
Écossais 9,3
Chinois 5,6
Italiens 4,6
Allemands 4,5
Indiens 2,8
Grecs 1,8
Néerlandais 1,6

Anthropologie

Avant l'arrivée des colons britanniques au XVIIIe siècle, l' Australie [N 3] n'était peuplée que par les aborigènes australiens et les indigènes du détroit de Torrès. En 1843, les populations autochtones d'Australie n'excèdent pas, selon toute vraisemblance, 150 000 individus qui vivent pour la plupart à une distance de dix à douze milles des côtes [8].

Dans la première moitié du XIXe siècle, les colons de la Nouvelle-Galles du Sud [N 4] peuvent être partagés en deux grandes familles, qui se subdivisent en un grand nombre de variétés : la première famille se compose des émigrants volontaires et leurs descendants, la seconde famille représente les déportés libérés [8]. Ces derniers regardent la colonie comme un établissement fondé spécialement pour eux, comme le patrimoine particulier de tous les déportés ; aussi supportent-ils avec peine l'intrusion des émigrants volontaires, qu'ils appellent « colons illégitimes » ou « mérinos », tandis qu'ils se donnent le titre de « colons légitimes » [8]. De leur côté, les émigrants volontaires repoussent avec horreur toute idée de rapprochement avec les déportés libérés. Cependant, comme il se trouve parmi eux des individus plus tolérants, qui voudraient qu'une alliance s'opérât entre les deux partis, les émigrants volontaires se divisent en deux classes : les « exclusionists » et les « confusionists » [8].

Déportés puis émancipés

Les déportés du XIXe siècle, en arrivant dans la colonie, prennent le nom de « canaris » ou « serins », à cause de la jaquette jaune dont ils sont revêtus pendant la traversée et qu'ils portent encore en mettant pied à terre. Si le fer du bourreau les a marqués de ses stigmates, on les désigne encore par ces mots : titled characters (sujets titrés) [8]. Lorsque les déportés, après avoir fini leur temps, ou après avoir été graciés de leur peine, se décident à rester dans la colonie, ils sont rangés dans deux catégories bien distinctes : les « émancipés purs », c'est-à-dire ceux qui n'ont reçu aucune réprimande de la part des magistrats depuis qu'ils sont devenus libres et les « émancipés impurs », c'est-à-dire ceux qui ont été repris de justice pour délits locaux. Sachant qu'entre ces deux catégories, il n'y a pas de fusion possible [8].

L'émancipé qui tient réellement à devenir un honnête homme doit repousser, autant qu'il le peut, toute solidarité avec l'émancipé qui se laisse aller à son ancienne vie de désordres ; il veut que sa réhabilitation soit complète et irrévocable. Les « émancipés purs » forment la portion la plus industrieuse et la plus utile de la colonie, ils ne se sont jamais compromis dans les manœuvres de fraude qui ont plus d'une fois terni la réputation même des émigrants volontaires ; sachant que les principales branches du commerce et de l'industrie de la Nouvelle-Galles du Sud sont entre les mains des « émancipés purs » en 1843 [8].

Bushrangers

Une autre catégorie de colons appelés «  bush rangers » (batteurs de buissons), sont des déportés relaps qui préfèrent la vie vagabonde et indépendante d' aventuriers à une existence paisible et régulière. Ils vivent de rapine, pillent les voyageurs qu'ils rencontrent et les propriétaires des campagnes sans défense. Le gouvernement n'use d'aucun ménagement pour les « bush rangers » ; dès qu'ils sont pris, on les envoie dans l' établissement pénitencier de Norfolk, destiné à délivrer la Nouvelle-Galles du Sud de sa population malfaisante [8].

Créoles ou Currencys

Au milieu du XIXe siècle, une classe qui est destinée à exercer une grande influence sur l'avenir des colonies australiennes sont les créoles, ceux qui sont nés dans la colonie même. Les émigrants volontaires ont trouvé que ces individus autochtones leur étaient inférieurs et leur ont donné le surnom de colons «  currency », par opposition à celui de colons « sterling », qu'ils se sont réservé. Cette dénomination a été adoptée au moment où les banknotes avaient une circulation forcée ; alors la livre currency ou « de circulation » était bien inférieure à la livre sterling d'or qu'elle représentait [8]. En 1843, les « currencys » forment une ethnie qui fait honneur au pays qui les a produits ; ils deviennent grands, sveltes comme les Américains, et sont en général remarquables par leurs cheveux blonds et leurs yeux bleus, signes caractéristiques de l'ethnie saxonne. Néanmoins leur teint dans la jeunesse est d'un jaune pâle et même dans un âge plus avancé, ils sont facilement reconnaissables auprès de leurs frères nés en Angleterre [N 5], [8]. Les jeunes gens « currencys » sont forts et vigoureux ; on vante leur adresse et leur courage. En général, ils préfèrent le commerce et les voyages de long cours aux occupations sédentaires de l' agriculture ou des fabriques. Comme ces travaux sont exécutés par des déportés, ils éprouvent une forte répugnance à se trouver confondus avec eux [8].

Les jeunes filles « currencys » perdent leurs dents de bonne heure ; elles sont douces, modestes et simples. Comme les enfants de la nature, elles sont crédules et très faciles à tromper [8] ; elles n'attachent même aucun prix à leurs faveurs. Elles aiment la toilette et se plaisent à étaler leurs cheveux bouclés relevés par un peigne d'écaille. La natation est un de leurs plaisirs favoris, et celles qui demeurent près de la mer savent nager et plonger comme des poules d'eau [8]. Dans les classes inférieures, elles désirent ardemment entrer au service d'une maison respectable pour échapper à la tutelle de leurs parents, qui sont souvent des misérables d'après M. Wahlen [8]. Elles ont une aversion profonde pour Londres et l'Angleterre ; « Je craindrais », disait l'une d'elles, « d'aller dans ce pays, parce qu'il y a trop de voleurs ». Elles se figurent l'Angleterre entièrement peuplée de voleurs et d' escrocs, par suite des nombreux convois qui leur en arrivent chaque jour [8].

En 1843, Auguste Wahlen dit que les « currencys » sont destinés à former avant peu la base de la population australienne. Quoique issus de parents souvent impurs, ils restent honnêtes, tant qu'ils peuvent échapper à l'influence délétère de ces déportés à demi corrigés, qui ne se compromettent pas assez pour être envoyés à Norfolk, mais dont les insinuations perfides ne sont que trop efficaces pour démoraliser les jeunes gens sans expérience qui se trouvent en contact avec eux [8]. Le gouvernement d'alors cherche bien à combattre cette influence pernicieuse en mettant l' éducation à la portée de toutes les classes ; mais cette instruction élémentaire est impuissante contre des attaques si multipliées. Au début des années 1840, on compte à Sydney deux mille enfants des deux sexes qui fréquentent les écoles primaires et trois cents jeunes gens qui suivent les cours de l' enseignement supérieur [8].

Notes et références

Notes

  1. Ce pourcentage élevé d'Européens est dû à la politique migratoire de l' Australie blanche entre 1861 et 1973.
  2. Une grande proportion de ceux se déclarant d'ascendance « australienne », sont probablement des descendants d'immigrants, mais ne souhaitent pas ou ne savent pas retracer précisément leur ascendance.
  3. Territoire autrement appelé «  Nouvelle-Hollande » jusqu'au XIXe siècle.
  4. C'est le premier État d'Australie qui est créé et jusqu'en 1824 c'est le seul qui existe. Entre 1788 et 1825, cet état représente environ un tiers du pays et de 1825 à 1832 il s'étend sur approximativement les deux tiers de l'Australie.
  5. Les teints de lis et de rose ne sont pas de ce climat, à l'Europe seule appartient cette prérogative. Lorsqu'un créole rencontre un Anglais au visage frais et rosé au XIXe siècle, il ne manque pas de lui dire « Vous êtes du vieux pays, vous ».

Références

  1. https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/as.html
  2. https://factfinder.census.gov/faces/tableservices/jsf/pages/productview.xhtml?pid=ACS_13_1YR_B04003&prodType=table
  3. https://hongkong.china.embassy.gov.au/hkng/PR_20130807.html
  4. http://www.stuff.co.nz/sport/other-sports/7664663/Anzac-Day-AFL-match-the-start-of-big-things
  5. Gabriel de Foigny, Nouveau voyage de la terre Australe : contenant les coutumes & les mœurs des Australiens, Paris, 1693 (notice BnF no  FRBNF30445633)
  6. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Australiens » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  7. (en) « Cultural Diversity », sur www.abs.gov.au.
  8. a b c d e f g h i j k l m n o p et q Auguste Wahlen, Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde : Océanie, Bruxelles, librairie Historique-Artistique, 1843

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes